La vie est une question de nerfs et de fibres et de cellules qui se forment lentement, dans lesquelles la pensée se cache et la passion rêve.
Tu peux imaginer que tu es en sécurité et que tu es fort. Mais le hasard d'une nuance de couleur dans une pièce, un ciel matinal, un certain parfum que tu as aimé jadis et qui t'apporte de subtils souvenirs d'un vers d'un poème oublié que tu retrouves, une mesure tirée d'une musique que tu avais cessé de jouer...
Crois moi, c'est de ce genre de choses que nos vies dépendent.
Browning en parle quelque part, mais nos propres sens les imagine pour nous. Il y a des instants où l'odeur du lilas blanc me revient soudain, et je revis le mois le plus étrange de ma vie. J'aimerais pouvoir changer de place avec toi. Le monde nous a critiqués tous les deux, mais il t'a toujours voué un culte. Il t'en vouera toujours un.
La vie a été ton art.
Tu t'es mis toi-même en musique.
Tes jours sont tes sonnets.

